Vers un nouveau schéma industriel du tri des papiers : les propositions d’Ecofolio

28 Mars 2013

Après la publication d’un benchmark sur les coûts des modes de gestion des papiers par les collectivités en Europe (février 2013),  Ecofolio poursuit son travail d’expertise et de réflexion en faveur d’une économie circulaire des papiers. L’éco-organisme des papiers publie un livre blanc intitulé : « Vers un nouveau schéma industriel du tri des papiers en France ».
 
Ce livre blanc vise à enrichir les réflexions en cours sur l’évolution des centres de tri en France et notamment la récente étude de l’Ademe relative à l’adaptabilité des centre de tri des déchets ménagers (février 2013).

La nécessaire modernisation de certains centres de tri comme l’arrivée de nouveaux  produits à trier tels les films plastiques questionnent le modèle actuel : comment répartir les rôles entre le tri à la source fait par le citoyen et le tri industriel fait en centre de tri ? quels sont les coûts de ces modes de tri ? comment évaluer les besoins d’investissements à long terme ?

Faire de nos déchets des matières premières secondaires impose de concevoir le tri  et les centres de tri comme un processus industriel générateur de valeur. Nos bacs de collecte sélective doivent devenir des forêts urbaines à récolter.

Les papiers sont le premier déchet en poids de la poubelle des Français et le premier matériau recyclable en centre de tri. Le sujet du tri est central pour la filière puisque le passage en centre de tri représente environ 40%  des coûts de gestion des papiers dans la collecte sélective.

Pourtant, la France a majoritairement fait  le choix d’une collecte où les papiers et les emballages sont mélangés. Les opérations de tri séparent et « dé-mélangent » les papiers des emballages, ce qui s’avère coûteux et peu créateur de valeur. Si le tri des films plastiques se généralise à l’avenir, ceux-ci risquent de perturber davantage le tri des papiers en se collant à eux et en dégradant le gisement.

A l’inverse de ce schéma, Ecofolio préconise une collecte en flux dédié et des centres de tri à haute valeur ajoutée qui sépareraient les papiers en différentes fractions (les écrits blancs, les journaux, etc). Une collecte en flux dédié des papiers permettrait d’encourager l’automatisation de grands centres de tri dédiés aux papiers. Les coût de tri des papiers se verrait diviser par 3 ou 4 grâce à cette modernisation et rendrait d’autant plus compétitif le recyclage.

En termes de gouvernance, Ecofolio propose de transférer à une instance unique, de niveau régional, la mission de planification et d’organisation stratégiques de la filière de tri. Les coûts pourraient être divisés par 5 et les performances nettement améliorées, si le tri des déchets ménagers était réorganisé et planifié de manière cohérente au niveau régional.  Enfin, l’éco-organisme propose diverses pistes pour créer des emplois et développer les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire.

Pour Géraldine Poivert, Directrice générale d’Ecofolio : « Trier plus de produits et davantage de matériaux va dans le bon sens à condition d’avoir une réflexion globale et cohérente entre les filières et de faire des choix pérennes. Les collectivités locales et les acteurs des différentes filières doivent débattre ensemble de ces problématiques et définir les schémas industriels les mieux adaptés à chaque territoire. L’économie circulaire nous impose d’être plus exigeants et plus performants à chacune des étapes de la vie de nos vieux papiers. »