Tri des vieux papiers : le privé en soutien des collectivités ?

11 Septembre 2015

Une étude Ecofolio souligne les capacités des centres de tri privés à accueillir les flux fibreux des collectivités. Une option à intégrer aux réflexions locales à l'heure de la grande réorganisation du tri des collectes sélectives en France.

Les centres de tri privés, des outils d’avenir du service public de gestion des déchets ? Une question que s'est posée Ecofolio via son Etude d’évaluation des investissements nécessaires à l’accueil de collecte sélective dans les centres de tri fibreux privés. Un document dont les conclusions mettent en lumière les opportunités liées à la mutualisation des capacités de tri, dans un contexte de refonte du système de collecte sélective en France. « Nous sommes à une période charnière de la filière du tri dans sa globalité. Les évolutions de consommation, la progression du geste de tri et la perspective de l'extension des consignes à tous les plastiques impliquent une réadaptation nécessaire de l'ensemble des centres de tri, car le système opérationnel actuel sera obsolète et ne permettra pas d'absorber l'augmentation des flux », explique Jean-François Robert, responsable des activités et relations industrielles chez Ecofolio.
Conséquence : les parties prenantes ont aujourd'hui l'esprit focalisé sur les changements structurels à mettre en place et les différentes approches possibles, notamment en matière de gestion des vieux papiers.

Changer de paradigme

«  Les premières options, envisagées par l'ADEME dans 2 études* récentes, sont l'adaptation des centres de tri publics existants ou la création ex-nihilo de nouveaux centres, qui demanderaient des investissements financiers sensiblement identiques. Mais la gestion des déchets ne se limitant pas au service public, Ecofolio a choisi de s'intéresser à une voie alternative, en lançant une étude sur les possibilités de mutualisation des capacités de tri entre SPDG et centres de tri des flux fibreux industriels », dévoile-t-il. Réalisée avec le concours de Federec, la Fédération des entreprises du recyclage, l'Etude d’évaluation des investissements nécessaires à l’accueil de collecte sélective dans les centres de tri fibreux privés a été publiée en avril 2015. Menée auprès de tous les centres de tri privés français (ayant permis de rassembler des données exploitables sur environ 60% du parc), l'enquête a montré que ces derniers étaient capables d'accueillir sans grosse adaptation les flux papiers issus des collectivités. « Si les process de ces centres industriels sont adaptés au tri d’un flux de papiers, ils ne sont en revanche pas adaptés aux flux de fibreux issus du SPGD, mais nous avons identifié 43 sites présentant l’espace suffisant pour intégrer un process dédié moyennant des investissements inférieurs à ceux chiffrés dans l’étude prospectrice », précise l'expert, qui révèle les points forts de la démarche : les capacités créables sur ces 43 centres correspondent à 120 % des prévisions de tonnage national de fibreux collectés en 2030. Une capacité supérieure aux besoins à laquelle vient s'ajouter une diminution potentielle du besoin d’investissement de l’ordre de 27 M€ par rapport aux coûts totaux d'adaptation ou de création des centres de tri fibreux estimés par l'ADEME.

Intérêts de réactivité, économique et… social

Au-delà des gains économiques pour les collectivités, passer par des centres de tri privés permet également d'accélérer le déploiement national de l'organisation rationalisée des collectes sélectives. « Sans oublier la question de la consolidation de l’emploi dans les territoires en maintenant l’activité de ces centres de tri existant et qui font face à des baisses de tonnages industriels. Par ailleurs, l'analyse territoriale a montré une bonne corrélation géographique entre capacités ainsi créables et les besoins, sur l'ensemble de la France… » Autant de constats qui amènent Ecofolio à considérer que le recours aux centres de tri privés doit être intégrée par les collectivités dans leurs réflexions d’évolution des pratiques de gestion des vieux papiers. « Il convient de faire une cartographie locale de l'existant et des besoins, pour intégrer les possibilités offertes par les centres de tri privés aux réflexions et scénarios de réorganisation de la collecte sélective, afin d'en optimiser le développement et les performances, et appelle les opérateurs de tri à considérer ces pistes de mutualisation entre flux fibreux SPGD et industriels», conclut Jean-François Robert.

→ Consulter le rapport de l'étude

 

* Une étude de l’adaptabilité des centres de tri des déchets ménagers aux évolutions potentielles des collectes séparées, publiée en 2013 et actualisée en 2014 et une étude prospective sur la collecte et le tri des déchets d’emballages et de papier dans le service public de gestion des déchets, publiée en 2014