L’hypercentre brestois adapte ses colonnes aux besoins des assimilés

5 Septembre 2016

Brest Métropole développe un réseau dense de containers pour la collecte sélective des zones urbaines. L’objectif : répondre aux enjeux de gain de place et de confort pour les usagers. Un service qui s’adapte aujourd’hui aux professionnels, avec la mise en place de trappes dédiées aux gros volumes de papiers et emballages. 

Le constat était clair : les habitants de l’hypercentre de Brest ne pouvaient accueillir de bacs de tri sélectif ! Difficiles à remiser pour cause d’espace restreint, ces derniers seraient restés sur le trottoir, au détriment des habitants qui croisent déjà de nombreux bacs à ordures ménagères. « La collectivité Brest Métropole Océane, qui représente 8 communes et 208 000 habitants du Nord-Finistère, a donc fait le choix de proposer une méthode de collecte alternative, sous forme d’apport volontaire en des produits recyclables, et notamment des papiers et emballages en mélange », explique Claire Dubois, la directrice déchets et propreté de la collectivité.

Lancé en 2008, le programme prévoit l’implantation au total de plus de 1 200 containers dans la métropole avec un point de vigilance sur l’hypercentre brestois, pour un maillage d’une densité exceptionnelle : « Chaque habitant en zone urbaine doit avoir un point d’apport volontaire à moins de 150 m de chez lui quand l’attribution d’un bac jaune n’est pas possible. Un objectif qui assure l’adhésion maximale des usagers, de plus en plus proactifs en matière de tri et de recyclage, pour peu qu’on leur en donne les moyens. Le soutien des élus permet pour sa part de surmonter les contraintes d’implantation liées à cette volonté de service optimal », poursuit-elle.

Trappes à assimilés pour les professionnels

Le déploiement de containers se révèle également bénéfique pour les assimilés, soumis à la redevance spéciale sur le territoire. Ils peuvent ainsi respecter plus aisément leurs obligations légales de tri à la source et de collecte sélective des déchets recyclables. Un souci s’est néanmoins posé : « La taille des opercules, volontairement réduite de façon à s’assurer de la qualité du tri, n’était pas adaptée aux apports de certaines entreprises, raconte Manuela Le Broch, responsable du service ressources-relations usagers à Brest Métropole. Nous avons donc décidé de doter de trappes spéciales les containers en place et à venir. Seuls sont ciblés les points d’apport volontaire à proximité de professionnels, que nous connaissons bien et contactons régulièrement dans le cadre de la redevance spéciale. Nous leur rendons visite après chaque installation, pour présenter le nouveau dispositif et surtout leur remettre la clef d’accès. » En effet, pour raisons de sécurité, la trappe au sol des bornes enterrées n’est accessible qu’au moyen d’une clef prisonnière, qui ne peut être ôtée qu’une fois le système convenablement fermé. Un mécanisme efficace et sûr, dont la réalisation est financée par Ecofolio à hauteur de 75 % du budget, dans le cadre d’une dotation d’accompagnement au changement. 

Toujours plus de professionnels éco-responsables

« Les containers sont extrêmement bien accueillis par les professionnels de l’hypercentre de Brest, qu’il s’agisse de restaurateurs, boutiques, bureaux… Les retours sont très positifs, d’autant qu’ils facilitent le renforcement des stratégies de développement durable des entreprises, qui passent souvent par une gestion vertueuse des déchets recyclables », assure Manuela Le Broch. Près de 3 400 entreprises redevables sont directement concernées par le dispositif, qui se veut complémentaire aux services proposés par les autres acteurs du marché. « Les "gros" producteurs ont généralement leur propre circuit de collecte des papiers et cartons usagers, avec des partenaires privés. De même, nous n’assurons pas la confidentialité des documents et renvoyons vers des sociétés spécialisées en cas de demande. Enfin, nous encourageons et soutenons les associations qui souhaitent collecter les papiers du bureau, à l’instar de l’entreprise d’insertion Terre en espoir papier, que nous accompagnons dans son développement, confie Claire Dubois. Notre but est de fonctionner en bonne entente avec tous les acteurs du secteur, pour proposer un système cohérent sur l’ensemble du territoire, où chaque déchet tend vers une valorisation maximale. » 

Les deux expertes en environnement en sont convaincues : particuliers comme professionnels sont dans l’attente d’outils de proximité, simples d’accès et engageants (propres). Si le dispositif de collecte est bien calibré, l’adhésion se fait naturellement et avec elle le développement des gestes éco-responsables, ainsi que le prouve l’exemple de Brest Métropole.