Financements Ecofolio, l’exemple grenoblois

27 Février 2015

Forte d'une expérimentation réussie dans l'optimisation de la collecte de fibreux Grenoble-Alpes Métropole élargie son dispositif à l’ensemble du territoire. Retour sur expérience…

IMG-actu-super-tri

La dotation Ecofolio accompagne les collectivités dans le développement de projets territoriaux d'amélioration du recyclage des papiers. Forte d'une expérimentation d'optimisation de la collecte de fibreux en zones industrielles et artisanales particulièrement réussie, Grenoble-Alpes Métropole a postulé à la dotation d’accompagnement au changement et obtenu les soutiens nécessaires pour un élargissement de son dispositif sur l’ensemble du territoire.

​Rappel des enjeux et de la mise en place d'une expérience gagnante, en compagnie de Nicolas Perrin,  Responsable Pôle Optimisation, Communication et Animation collecte au sein de Grenoble-Alpes Métropole et de Georges Oudjaoudi, vice-président de la Prévention, collecte et valorisation des déchets de Grenoble-Alpes Métropole.
  
Comment est née cette expérimentation de remplacement de la collecte multimatériaux par une collecte des fibreux (papiers et cartons) ?

Nicolas Perrin : En 2011, la collectivité Grenoble Alpes Métropole, qui regroupe 27 communes et 397 220 habitants, a dressé le constat d'un tri de mauvaise qualité sur les sept zones d'activité de la commune de Saint-Martin-d’Hères : 57 % d'indésirables dans les bacs de tri multimatériaux et plus de 30 % de fibreux (papiers, cartons) dans les poubelles à OMR (Ordures Ménagères Résiduelles). Sans oublier un faible raccord au tri et des dépôts sauvages…

Georges Oudjaoudi : Il nous a semblé opportun de coupler qualité et efficacité autour d'une nouvelle approche de la collecte. Une collecte simplifiée et harmonisée, de façon à obtenir l'adhésion des entrepreneurs et créer une véritable dynamique éco-responsable. D'un dispositif de base - une meilleure collecte des papiers - nous avons progressivement été amenés à revoir l'ensemble du dispositif entre usagers et service public, à notre bénéfice mutuel.
 
Quelles ont été les grandes actions de l'opération ?

Nicolas Perrin : Nous avons commencé par monter le projet et contacter Ecofolio, qui en a reconnu l'intérêt et nous a soutenu financièrement et via son expertise en matière d'amélioration de collecte et de suivi d'expérimentations, pour bien structurer les grandes étapes. Six mois avant le début de l'opération, prévue sur une durée d'un an entre 2012 et 2013, nous avons lancé une grande campagne de communication, qui s'est poursuivie tout au long du processus : diffusion de consignes de tri (distribution de documents et présentations en porte-à-porte), sensibilisation d’un référent « tri des papiers » si possible dans chaque entreprise ou administration concernée,  piqûres de rappel auprès des entreprises peu conciliantes…

Georges Oudjaoudi : Niveau moyens techniques, les bacs de collecte multimatériaux ont été remplacés par des bacs de collecte des fibreux (papiers + cartons) : 300 conteneurs ont ainsi été mis à disposition de près de 600 entreprises des zones artisanales. La collecte a été organisée hebdomadairement, à l’aide d’un camion de Grenoble-Alpes Métropole. En parallèle, des mesures des performances opérationnelles et économiques ont été assurées à travers la quantification hebdomadaire des flux de fibreux collectés,  l’élaboration d’un retour d’expérience synthétique, l’identification et la mesure des coûts associés à la mise en place du dispositif expérimental…
 
Que retenir de cette année d'expérimentation ?

Nicolas Perrin : Je retiens avant tout trois grands indicateurs.
Un indicateur qualitatif : - de 5 % de déchets indésirables, contre 57 % auparavant. Désormais, les contenus de nos bacs de recyclage sont directement mis en balle (compactés sous forme de cube par une presse, ndlr) sans passer par la case « centre de tri ».
Un indicateur quantitatif : avec 164 tonnes de fibreux contre 52 tonnes de matériaux recyclables précédemment, nous avons triplé les tonnages. De plus, le tonnage d'OMR a baissé lui de 40 %, malgré la réintroduction des emballages autres que les cartons dans cette collecte. 
Un indicateur économique : la collectivité a investi dans le projet en termes de matériel et de communication, pourtant il aura suffi d'une seule année pour amortir les frais. Réorganisation de la collecte, amélioration des recettes de revente des matériaux, déploiement de la redevance spéciale, gains sur les coûts de traitement… Tous ces facteurs mis bout à bout ont assuré la rentabilité et la pérennité de l'opération en un temps record.

Georges Oudjaoudi : De fait, le succès de l'initiative a entrainé son actuel déploiement sur l'ensemble des ZIZA de la collectivité Grenoble-Alpes Métropole. La présentation du test pilote rassure les entreprises auxquelles nous proposons cette approche éco-responsable. Les barrières tombent et l'adhésion se fait, même lorsque l'harmonisation des pratiques de collecte au niveau intercommunal implique une réduction de la fréquence des passages des bennes à ordures. 
Notre expérimentation a démontré l'efficience technico-économique et organisationnelle d’un dispositif de collecte des fibreux en ZIZA. Ecofolio peut désormais s'appuyer sur cet exemple pour en assurer la promotion auprès des collectivités de configuration similaire.
De fait il s'est agit d'un véritable accompagnement au changement tant sur la nature du service que de son efficacité (gisement et qualité), en ce sens nous espérons que la coopération avec Ecofolio se poursuivra.