
Les types et usages du papier
Le papier, selon son mode de fabrication, la nature de la pâte et sa destination, revêt de multiples visages. Des milles usages du papier…
Du choix de la pâte à papier et de ses matières premières
La pâte à papier est une matière fibreuse, le plus souvent d'origine naturelle et végétale, préparée en vue de subir d'autres traitements de fabrication. Il en existe plusieurs sortes selon la matière de départ.
L’essence même du papier, c’est la fibre de cellulose, bio-matériau par excellence. Fabriquer une feuille de papier ne nécessite aucun autre élément que la fibre et l’eau. D’une simplicité extrême, la fabrication repose sur l’union physique des fibres de cellulose plongées dans l’eau.
La pâte mécanique
La pâte mécanique (mechanical pulp ou SGW, Stone Ground Woodpulp), également appelée pâte avec bois, est fabriquée en râpant le bois à l’aide d’immenses meules, appelées « défibreurs ». Cette machine inventée par l’Allemand Heinrich Voelter en 1846 révolutionne la fabrication du papier à partir de bois.
La matière première de la pâte mécanique est soit le bois de résineux (comme le pin, le sapin, qui sont des bois très secs), qui permet d’obtenir une pâte à fibres longues, donc un papier résistant, soit le bois de feuillus (comme le chêne, l’érable par exemple, qui sont des arbres à feuilles larges), pâte à fibres courtes.
Du fait de la forte présence de lignine, cette pâte avec bois est souvent jaunâtre. Les papiers produits à partir de la pâte avec bois jaunissent souvent. Ils sont moins résistants et à faible durée de vie, comme les journaux, les catalogues ou encore les magazines.
Les copeaux de bois peuvent également être raffinés à l’aide de vapeur à température et pression élevées. Dans ce cas, on parle de pâte TMP (thermo-mécanique). Cette forme de fabrication présente l’inconvénient d’être très gourmande en énergie.
La pâte chimique
Inventée en 1880, la pâte chimique est obtenue par « cuisson du bois » qui permet d’éliminer au maximum les composants indésirables : lignine, gommes, résines, et ainsi de ne conserver que la fibre de cellulose. La pâte chimique sert à fabriquer les magazines haut de gamme, les enveloppes ou encore les cahiers.
En combinant la chaleur, la chimie et l’écrasement, on obtient les pâtes chimico-thermo-mécaniques.
La pâte issue de fibres recyclées
Le recyclage est né avec le papier. Depuis ses débuts, l'industrie papetière a utilisé comme seconde matière première, en plus du bois, des papiers récupérés (dits fibres cellulosiques de récupération). Cette expression désigne un ensemble hétérogène de papiers issus de la collecte sélective et des chutes de transformation industrielle, à l'exclusion des cassés de fabrication. La pâte issue de fibres recyclées est utilisée dans la fabrication des journaux et magazines.
Du traitement du papier
Le papier couché
Le papier couché est réalisé à partir de pâte chimique (sans bois) ou de pâte mécanique (avec bois). Sa surface est traitée chimiquement pour empêcher l'encre de pénétrer dans les fibres. Cette opération consiste à couvrir la surface du papier avec une ou plusieurs couches de « couchage » ou d’autres produits à l’état liquide, à l’aide d’une calandre.
Généralement, la surface du papier est recouverte d’une fine couche de craie, de kaolin ou de talc. Cela lui confère un « bel aspect » et des caractéristiques d’impression particulière. Le papier peut être mat ou satiné (on parlera alors de papier glacé) et est également susceptible de subir d’autres opérations de lissage.
La bonne qualité de son rendu graphique permet d’utiliser ce papier pour les éditions d’œuvre d’art ou les magazines haut de gamme.
Le papier non couché
Il peut être fabriqué à partir de pâte chimique ou pâte mécanique. Ses fibres sont collées ou surfacées pour éviter une trop grande absorption de l’encre.
Ses principales applications sont les papiers bureautiques et les supports de communication : papier offset, à dessin, les dossiers, les couvertures, les agendas. Le papier journal est un papier non couché. Il répond aussi à certains besoins spécifiques, comme le papier bouffant pour l’édition, pigmenté pour les affiches, ou encore les chèques.
Le papier collé
Le papier collé est obtenu en ajoutant des produits dans la pâte (collage dans la masse) ou à la surface du papier (collage en surface). Cela permet d’augmenter la résistance pour faciliter la pénétration et l'étalement de liquides aqueux, comme l'encre d'écriture.
Le papier surfacé
Le papier surfacé a reçu une enduction destinée à améliorer ses caractéristiques de surface. Ce surfaçage (0,5 à 3 g/m2, à la différence du papier couché, qui reçoit un dépôt supérieur à 7-8 g/m2 par face) concerne les papiers impression-écriture destinés à l’impression offset, mais également les produits d’emballage nécessitant une certaine rigidité.

De l’usage des papiers
Les papiers graphiques : papier presse et papier impression-écriture
Parmi les papiers graphiques il y a le papier presse, support d'impression des quotidiens. Il s’agit d’un papier mince, fabriqué à partir de pâte mécanique ou de vieux papiers recyclés. Ce papier se caractérise par une grande résistance car il est utilisé sur des rotatives rapides et puissantes. Entrent dans la catégorie papier presse les journaux, les magazines, les revues. Le papier presse fabriqué en France (journaux et magazines) utilise 77,2 % de papier récupéré (95 % est utilisé pour le journal et 20 % pour les magazines). Les papiers d'impression-écriture sont utilisés pour l’édition de livres ou la fabrication de papiers photocopie ou enveloppes, des documents publicitaires, des cahiers… 9,9 % du papier impression-écriture est fait à partir de papier récupéré.
Pour découvrir les labels et normes applicables aux produits papiers, reportez-vous à notre guide.
Les autres utilisations de la fibre
On distingue principalement les cartons d’emballage et les produits pour ondulé. Matériau leader dans le monde de l'emballage, le carton constitue la base d'une gamme diversifiée de produits d'emballage allant du simple support de pliage, à l'étui en carton en passant par le sac de grande contenance.
Les cartons d'emballage, écrus ou blanchis, frictionnés, apprêtés, couchés ou associés avec d'autres matériaux, peuvent prendre des formes et des aspects très variés : sacs kraft pour emballer les fruits et les légumes, sacs de ciment, papier cristal ou sulfurisé, produits techniques et spéciaux (opercules de pot de yaourt ...).
Les cartons ondulés, matériau d'emballage "sandwich" est formé par assemblage de plusieurs couches de feuilles. Les cartons ondulés sont des emballages industriels de forte résistance, de palettes de transport, de présentoirs pour la grande distribution ou de petits emballages en micro-cannelure pour produits de grande consommation.
Le rôle du calandrage
Le calandrage permet d’obtenir différents états de surface, notamment pour les papiers couchés. Selon sa force, la surface du papier est plus ou moins lustrée par des procédés de séchage ou d’apprêt mécanique. On obtient alors différents types de papiers aux usages différents : le papier glacé et surglacé, le papier satiné à l’aspect brillant, et le papier cristal, qui grâce à un super calandrage poussé à l’extrême change quasiment la nature du papier.












