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Les Déchets (1/4)

L’étymologie du mot déchet renvoie au verbe « déchoir ». Le déchet, initialement, c’est ce que l’on jette, ce qui est inutile. Mais cette définition est relative au temps, à l’histoire et au lieu. Aujourd’hui, ce qui n’avait pas de valeur en trouve une, grâce au recyclage et à la valorisation.

 

Une nouvelle économie est en marche où la valeur se crée en préservant l’environnement. Un développement durable…


Les déchets font partie intégrante de notre civilisation. Bien plus, ils en sont même le reflet. Depuis 1985, ils sont même devenus des objets d’étude. La rudologie (du latin rudus, décombres) étudie en effet le contenu de nos poubelles afin de caractériser nos modes de vie.

 

Un peu d'histoire des déchets

Les hommes ont longtemps confié à la nature le soin de faire disparaître leurs déchets.


Les choses se sont compliquées avec le développement de l'urbanisation. Pendant plusieurs centaines d’années, les villes étaient infestées par les déchets (ou "gadoues").


En 1870, Pasteur met en évidence la corrélation entre hygiène et santé publique. Il faut attendre 1884 et le fameux préfet Eugène Poubelle pour que l'hygiène publique devienne une véritable préoccupation. Le préfet du département de la Seine invente alors la collecte sélective.
Mais la collecte reste pratiquement inexistante dans les communes rurales.


En France, la première grande loi-cadre sur la gestion des déchets a été promulguée le 15 juillet 1975. Elle instaure l'obligation pour chaque commune de collecter et d'éliminer les déchets des ménages.

 
 

C'est bon à savoir !
Eugène Poubelle, l'inventeur de la collecte sélective

En 1884, sous la IIIe République, le Préfet de la Seine, Eugène-René Poubelle, décrète que

« Dorénavant, les ordures ménagères seront ramassées par l'intermédiaire d'un récipient de bois garni à l'intérieur de fer blanc, de manière à ce que rien ne puisse s'en échapper. Ces récipients pourront également contenir des cendres chaudes sans risque d'incendie ».

Ces récipients seront bientôt appelés poubelles.

Dès le départ, le tri avait été prévu dans trois bacs spécifiques :
 

  • un pour les déchets ménagers;
  • un pour les papiers et les chiffons;
  • un pour le verre, la faïence.

 

Dernière date à retenir : la loi du 13 juillet 1992 qui marque un tournant dans nos modes de gestion de déchets. Ses objectifs principaux : limiter la production de déchets à la source, gérer les déchets le plus près possible de leur lieu de production, les valoriser sous forme de matière (le recyclage) ou d’énergie.
Ce dernier objectif est majeur. Il signifie que la conception même du déchet a évolué. Désormais, le déchet est considéré comme de la matière première à recycler.

 

Définition, typologie et chiffres des déchets

Définitions
Les déchets bien que facilement identifiables sont en fait bien difficiles à définir. Les définitions sur les déchets évoluent au fils des temps :


Du point de vue du législateur, est déchet « tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon » (Loi n°75-633 du 15 juillet 1975, modifiée par la loi n°92-646 du 13 juillet 1992)
« Toute substance ou tout objet dont le détenteur se défait ou dont il a l’intention de se défaire » (Directive européenne du 18 mars 1991)
La réglementation précise également que tout producteur de déchet en est responsable jusqu’à son élimination finale.


Du point de vue de l’économiste, un déchet est un bien qui n’a aucune valeur marchande a priori. Mais selon l’époque, l’endroit et l’individu, cette valeur peut varier… et aujourd’hui une tonne de papiers issus de la collecte sélective se revend entre 80 et 100 euros la tonne (relevé des prix complet, Revipap pour octobre 2008 - sorte 1.11).…
 

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