Livre blanc d'Ecofolio sur l'économie circulaire

11 September 2013

Ecofolio, l’éco-organisme des papiers, présente un livre blanc sur l’économie circulaire illustrant l’utilité pour notre modèle de croissance de traiter les déchets comme des matières premières.

Le livre blanc "Economie circulaire et recyclage : vers un nouveau modèle économique", a été présenté aujourd’hui à l’Assemblée nationale par son auteur l’économiste Nicolas Bouzou, directeur fondateur du Cabinet de conseil Asterès, en compagnie de Géraldine Poivert, directrice générale d’Ecofolio et avec le soutien de François-Michel Lambert, président de l’Institut de l’Economie circulaire.

A la veille de la conférence environnementale qui abordera la problématique de l’économie circulaire, Ecofolio, l’éco-organisme en charge des papiers a souhaité interroger un économiste sur l’utilité pour notre modèle de croissance de passer d’une économie des déchets à une économie des « matières premières secondaires » issues du recyclage.

Prenant pour exemple la filière des papiers graphiques, Nicolas Bouzou réconcilie l’écologique et l’économique et montre que l’utilisation des vieux papiers est un élément déterminant pour donner un nouvel horizon à l’industrie du papier graphique et produire des gisements d’emplois.

Pour Géraldine Poivert, « le cas des vieux papiers illustre la nécessite de traiter dorénavant nos déchets comme des matières premières.  Passons d’une gestion des déchets à une gestion des ressources ! Au-delà de l’intérêt écologique évident, l’économie circulaire est un modèle de croissance qui crée de la valeur économique et sociale. Il s’agit d’un enjeu industriel source d’emplois locaux et pérennes ».

Pour développer la filière papiers et garantir la compétitivité de cette industrie, le livre blanc propose d’accélérer la transition vers une économie du recyclage :

1.    Réduire les coûts de collecte et de tri des papiers graphiques grâce par exemple :

  • au passage à une collecte séparée des papiers graphiques ;
  • à l’automatisation accrue des centres de tri ;
  • à un effort privé renforcé en matière de recherche sur les encres et les colles (soutenu par le dispositif du Crédit Impôt Recherche et les études de R&D d’Ecofolio).

2.    Dynamiser la demande de papier recyclé et inciter l’industrie à investir pour modifier l’outil de production grâce à :

  • l’impression des manuels scolaires, du matériel électoral, des formulaires administratifs sur papiers recyclés ;
  • la mise en place d’un étiquetage carbone des produits graphiques ou la possibilité de communiquer sur  leur éco-contribution.

Nicolas Bouzou souligne que « la conversion progressive de l’industrie papetière de la pâte vierge à la pâte recyclée apparaît comme une nécessité tant économique qu’écologique. Il est nécessaire que les usines papetières investissent pour restaurer leur compétitivité et les tendances à l’œuvre suggèrent de saisir cette opportunité pour modifier les modes d’approvisionnement. D’un point de vue écologique, exporter les vieux papiers récupérés et importer de la pâte vierge présente un coût environnemental, celui qui est associé aux émissions liées au transport. Une transformation à proximité des lieux de collecte serait préférable (principe de proximité). La politique publique peut offrir des outils incitatifs, dans le cadre d’une relation quasi contractuelle avec les entreprises ».
 
Géraldine Poivert, directrice générale d’Ecofolio, ajoute : « Nous attendons de la Conférence environnementale qu’elle permette la mise en œuvre de cette économie circulaire. Elle doit définir un cadre d’actions, par exemple dans le secteur des papiers, poussant à l’investissement dans les outils de production de papiers recyclés et stimulant leur consommation sur le marché intérieur. L’Etat, les administrations, les collectivités locales pourraient à la suite donner l’exemple dans leur consommation de papiers recyclés et produire un effet d’entrainement auprès de l’ensemble des acteurs économiques. »